Retraction Watch : l’outil que tout comité éditorial devrait utiliser
Retraction Watch a été fondée en 2010 par Ivan Oransky et Adam Marcus. Aujourd’hui, la plateforme constitue à la fois une source d’information sur l’intégrité scientifique et une importante base de données consacrée aux rétractations.
Pour un rédacteur en chef, Retraction Watch offre un moyen simple de vérifier si une publication citée dans un manuscrit a été rétractée depuis sa parution. Ce contrôle peut éviter qu’une revue publie, sans le savoir, une référence devenue problématique.
Une base de données à l’échelle mondiale
Depuis son rachat par Crossref en 2023, Retraction Watch est devenue une infrastructure importante pour le suivi des rétractations scientifiques. Elle recense aujourd’hui plus de 63 000 rétractations, toutes disciplines confondues.
De plus, la base évolue en permanence. Elle est mise à jour quotidiennement les jours ouvrés, à partir des sites des éditeurs et des signalements de la communauté scientifique.
Chaque entrée indique, lorsque l’information est disponible, la raison de la rétractation. On peut ainsi identifier rapidement différents motifs, comme une erreur, un plagiat, une falsification de données ou encore une publication liée à une « Paper Mill ».
Cette dernière catégorie est particulièrement utile pour les équipes éditoriales qui cherchent à mieux comprendre le phénomène des usines à articles.
Comment un rédacteur en chef peut s’en servir
L’interface de recherche de Retraction Watch permet de combiner plusieurs critères. Par conséquent, un rédacteur en chef peut l’utiliser aussi bien pour vérifier une référence précise que pour observer des tendances plus larges.
Vérifier une référence en quelques secondes
Un DOI, un titre ou un nom d’auteur peut suffire pour vérifier le statut d’une publication. Ainsi, lorsqu’une référence joue un rôle important dans l’argumentation d’un manuscrit, l’équipe éditoriale peut contrôler rapidement si elle a fait l’objet d’une rétractation. Cette vérification est particulièrement pertinente avant l’acceptation définitive d’un article.
Repérer des tendances plutôt que des incidents isolés
Retraction Watch permet également d’examiner les rétractations selon différents critères, comme une revue, un éditeur, un pays ou une période. Cette vue d’ensemble aide les équipes éditoriales à repérer des tendances qui seraient difficiles à détecter référence par référence. Par exemple, une série de rétractations associées à des « Paper Mills » peut attirer l’attention sur une revue, une collection ou une période particulière.
Automatiser via une intégration bibliographique
La vérification ne doit pas forcément rester entièrement manuelle. Zotero, par exemple, peut signaler les publications rétractées présentes dans une bibliothèque de références. Cela permet aux chercheurs et aux équipes éditoriales d’identifier plus rapidement certaines références à contrôler. Cependant, une alerte automatique ne remplace pas l’analyse éditoriale. Une publication rétractée peut parfois être citée de manière légitime, par exemple pour analyser une controverse ou documenter un cas de fraude scientifique.
Une limite à connaître
La base ne recense que les rétractations rendues publiques par les éditeurs eux-mêmes. Elle constitue donc un filtre nécessaire, mais pas une garantie absolue d’exhaustivité. Certaines rétractations tardent parfois plusieurs mois avant d’être documentées.
Pourquoi cette vérification ne devrait plus être optionnelle
De nombreux articles rétractés continuent d’être cités des années après leur retrait. Souvent, ni les auteurs ni les relecteurs n’ont vérifié le statut de la source au moment de la soumission. Pour un comité éditorial, chaque référence rétractée qui passe inaperçue représente un risque réputationnel direct.
Consulter manuellement Retraction Watch reste toutefois peu réaliste sur des bibliographies de plusieurs dizaines d’entrées. C’est là qu’un contrôle automatisé change la donne. En croisant systématiquement chaque référence avec les bases à jour, la vérification devient un réflexe intégré au workflow éditorial.
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